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L’École espagnole de Vienne

Cabriole, courbette, levade… tels sont les noms de quelques-unes des plus impressionnantes figures réalisées par les lipizzans qui enchantent les visiteurs de l’École espagnole, à Vienne. Une école un peu spéciale, où le savoir se transmet depuis plus de quatre siècles de l’homme à l’animal, mais dont les étalons blancs, une fois formés, reçoivent le titre de professeur…

Représentations des lipizzans © Spanische Hofreitschule

Vienne, Michaelerplatz

Vienne, Michaelerplatz sur la carte

L’école d’équitation d’hiver de la Hofburg

C’est à l’école d’équitation d’hiver de la Hofburg, dans un manège jadis encore réservé à la famille impériale, que ces célèbres chevaux originaires d’Andalousie perpétuent leur art. La séance du matin leur permet de préparer, répéter et porter à la perfection, sous l’œil expert de leur entraîneur, les figures et allures de la représentation du soir. Les lipizzans servaient autrefois de chevaux d’apparat pour les parades, tournois et manœuvres de toutes les grandes cours européennes, mais il n’y a qu’à Vienne que s’est perpétuée cette tradition équestre. Les lippizans, qui doivent leur nom à l’un des anciens haras impériaux, situé à Lipica (actuelle Slovénie), sont aujourd’hui la plus ancienne race de chevaux de dressage en Europe. L’École espagnole de Vienne (Spanische Hofreitschule) est la seule institution au monde où l’équitation est enseignée sans interruption depuis la Renaissance.
 

Historique 

En 1562, l’archiduc Charles, frère de Maximilien II hérite de grands domaines dans le Nord de l’actuelle Yougoslavie et aménage de grands haras dans le village de Lipica, près de Trieste. Il y fait venir des pur-sang espagnols qu’il fit croiser avec les chevaux de la Région du Karst, dans l’actuelle Slovénie. C’est ainsi que nait la race des lipizzans à la fin du XVIe siècle.  L’école viennoise, tout comme le Cadre Noir de Saumur excelle dans l’art du dressage. De nombreux exercices sont inspirés de la tradition française. Il faut savoir, qu’en 1789, lorsque les écuries de Versailles ont été abandonnées, le maître écuyer qui y travaillait, partit pour Vienne et enseigna son savoir à l’Ecole espagnole.
 

Haras de Piber

Les lipizzans sont aujourd’hui issus du haras de Piber, en Styrie. Les étalons les plus puissants et les plus endurants y sont sélectionnés pour être envoyés à Vienne. Leur formation commence à l’âge de quatre ans. Le bien-être du cheval est ici le maître mot : le caractère et les dispositions naturelles de chaque animal sont scrupuleusement respectés. Les représentations du soir correspondent d’ailleurs à ce qu’ils font d’eux-mêmes dans leur enclos – allures, changements de pas, sauts – mais sous une forme disciplinée : le dressage permet de reproduire les mouvements naturels des lipizzans pour en faire des figures ou « airs » réglés au millimètre.
 

La formation

Mais si un étalon finit sa période de formation en environ six ans, celle de son dresseur peut durer de 10 à 12 ans. Les quatre à cinq premières années sont passées à maîtriser la bonne position en selle, bien assis sur le dos d’un « Professor ». Depuis 2008 et pour la première fois dans l’histoire de l’École espagnole de Vienne, cette formation est également ouverte aux femmes : une Britannique et une Autrichienne s’initient actuellement à ce métier.

Lors des représentations de gala, les airs les plus virtuoses sont enchaînés au son de la grande musique viennoise : passage, piaffer, pirouette au galop et jusqu’aux croupades les plus difficiles. Les chevaux sont montés ou encore menés par la bride. Le clou du spectacle est, après le « pas de deux », dans lequel les chevaux dansent par deux dans une symétrie parfaite, le « quadrille » : cette chorégraphie exécutée sur une musique du début du XIXe siècle voit huit lipizzans montés accomplir un véritable ballet tout de souplesse et de précision.

Rien n’est ostentatoire et pourtant tout inspire la plus grande admiration : le manège de style baroque (1729), les uniformes d’époque et l’entente parfaite entre le cheval et son cavalier, qui repose uniquement sur le langage corporel. Le résultat : une véritable œuvre d’art vivante, un modèle de beauté et d’harmonie entre l’homme et l’animal, auquel personne ne reste jamais insensible.


LIENS :

Pour plus d’informations sur les chevaux «Lipizzaner», le programme, les représentations, les répétitions ainsi que le mode de réservation nous vous conseillons de contacter le bureau à Vienne :

Spanische Hofreitschule
Michaelerplatz 1
A-1010 Wien
Tél: 0043 1 533 90 31
Fax: 0043 1 533 90 31 40
Spanische Hofreitschule (site en allemand et anglais)

Les billets peuvent être réservés uniquement pour les représentations et pas pour les exercices du matin. Les billets pour les exercices du matin sont disponibles à l’entrée Josefsplatz le jour des exercices du matin ou le jour d’une répétition finale de 09h40 à 12h30. Il est également possible de réserver directement vos billets sur le site internet de l'Ecole.


Représentations de gala
Tous les airs de l’École espagnole, y compris les croupades, sont représentés sur une sélection de musiques viennoises, les chevaux étant montés ou menés par la bride. Le morceau de bravoure est le quadrille, ballet équestre pour huit étalons blancs.

Entraînement du matin
Les séances d’entraînement en musique de la Winterreitschule sont ouvertes au public. Les entraîneurs travaillent avec des chevaux de tous niveaux. Les personnes pratiquant elles-mêmes l’équitation en tireront de nombreux enseignements pratiques.

Winterreitschule
Visite guidée du manège de style baroque de la Hofburg – dans lequel ont lieu les représentations de gala et les séances du matin – et de la Stallburg (grandes écuries).

Stallburg
Ce bâtiment, le plus ancien vestige de la Renaissance à Vienne, sert de logement aux lipizzans, qui y jouissent du confort le plus moderne. Chacun y est hébergé sous son arbre généalogique personnel. La Sattelkammer (sellerie), qui sert d’entrepôt aux différents éléments du harnachement, est elle aussi ouverte au public.