Rivières, lacs, thermes ou spas : partout, en Autriche, on peut se baigner avec délice ! Les piscines n’y ont pas le goût du chlore. L’eau du robinet non plus : cristalline, irréprochable, elle est l’objet de tous les contrôles et de tous les soins. Au quotidien comme en vacances !
Le lac Millstätter See en Carinthie
Une gestion équilibrée
L’eau abonde en Autriche – les réserves annuelles frisent les 84 milliards de m3 – mais elle est consommée avec mesure : on en utilise à peine 2,6 %. Cette gestion maîtrisée de l’eau, qui est aujourd’hui l’une des priorités de la politique de développement durable, est pour beaucoup un réflexe naturel : les 3.000 petits Viennois qui, chaque année, passent une demi-journée à la
Wasserschule (« l’école de l’eau ») savent déjà tout des éco-gestes !
Loin de la pollution
Depuis plusieurs décennies, l’institut chargé du contrôle sanitaire de l’eau mesure en permanence – plus de 2000 points d’enquête par an ! – la qualité des torrents et rivières et les classe selon des critères très stricts en fonction des organismes (petits animaux, plantes) qui peuvent y maintenir leur existence. Les résultats ? Ils sont extrêmement encourageants : 88 % des cours d’eau sont en catégorie I (non-polluée), II (très peu polluée) ou III (peu polluée). Il faut dire que l’usage des pesticides les plus toxiques a été très tôt interdit en Autriche. On peut donc, sans aucun risque, nager dans les
lacs de Carinthie, marcher pieds nus dans le
marécage de Bizau ou boire la tasse dans le
Naturbadesee de Brand : ils sont d’une pureté incroyable.
Retour aux sources
À
Vienne aussi, l’eau du robinet est
glasklar, « limpide comme du cristal ». Normal : elle provient directement de la montagne ! Les 180 km de canalisations qui l’acheminent depuis les
Alpes de Styrie et de
Basse-Autriche ont été inaugurés le 2 décembre 1910 par l’
empereur François-Joseph en personne. Deux musées interactifs, à
Wildalpen et à
Kaiserbrunn (
www.wasserleitungsmuseum.at), racontent en détail l’histoire de ce chantier et sensibilisent les visiteurs à la préservation des sources. De
Wildalpen, on peut partir à la découverte de la source
Kläfferquelle (le tour guidé est gratuit). De
Kaiserbrunn, un chemin balisé, le
Wasserleitungsweg (
www.wien.gv.at), permet aux randonneurs de suivre les plus beaux tronçons de l’aqueduc.
Un terrain de découverte
Autre site remarquable : le
Danube. Les « rangers » du
parc national Donau-Auen y organisent régulièrement, de mai à septembre, toute sortes de sorties bucoliques et éducatives : des descentes du fleuve en
Tschaike – une embarcation traditionnelle à rames – ou en bateau pneumatique au départ d’
Orth an der Donau (
www.wien.gv.at) mais aussi des balades à pied ou à vélo sur le
Wiener Wasserweg, une boucle de 17 km que la Ville de
Vienne a aménagée en bordure du fleuve, entre l’
Untere Alte Donau et le parc national (
www.donauauen.at). Autant d’excursions idéales pour prendre conscience du rôle que jouent les zones humides dans le filtrage de l’eau. Et de l’importance du Danube dans l’équilibre écologique de la région.
Par Jean-Philippe Follet, auteur