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L’architecture durable

Plutôt que de construire de grosses stations de sports d’hiver qui défigureraient la montagne, les architectes autrichiens préfèrent bâtir de petites structures hôtelières qui recourent à des matériaux naturels – de l’ardoise, de l’argile, du bois surtout… – et se fondent harmonieusement dans le paysage.

Architecture en bois du Vorarlberg © Österreich Werbung / Peter Burgstaller

Des hôtels 100 % naturels

Dans le Pays de Salzbourg, par exemple, le Forsthofalm à Leogang (www.forsthofalm.com) est un hôtel résolument design, qui a fait le choix d’une architecture écologique, fondée sur des matériaux strictement naturels. Épicéa pour les murs, mélèze et arolle pour les parquets et le mobilier, pin pour l’espace wellness : rien que du bois 100 % authentique qui sent bon, craque et respire ! Dans le Vorarlberg, où la « filière bois » joue un rôle de premier plan, la plupart des établissements privilégient depuis longtemps les essences locales : à Hirschegg, la famille Kessler a fait appel à Hermann Kaufmann, lauréat 2007 du premier Prix d’architecture durable, pour rénover et agrandir l’hôtel Chesa Valisa. Résultat : un miracle d’harmonie, propice à la détente (www.naturhotel.at).
 

Les vertus du bois…

Selon de récentes études, le bois du pin arolle alias pinus cembra (Zirbe en allemand) aurait une influence positive sur le sommeil. Un institut scientifique autrichien, l’excellent Joanneum Research, a mis en évidence les vertus particulières des substances – résine, huiles éthériques… – de ce pin des Alpes qui vit entre 1.400 et 2.500 m d’altitude (www.zirbe.info). Dormir dans une chambre lambrissée ou meublée en bois d’arolle régulerait la fréquence cardiaque et stabiliserait la circulation sanguine. Colles et polluants sont proscrits : partout, on opte pour des peintures saines et des enduits sans odeur. À l’hôtel Saladina de Gaschurn (www.saladina.com), même la lasure respecte la santé des hôtes.
 

… et de l’énergie positive

Hermann Kaufmann, spécialiste de l’habitat passif, a été l’un des premiers architectes en Autriche à construire des maisons individuelles et des équipements collectifs « basse énergie » qui n’utilisent plus que 40 ou 20 % d’énergie fossile. Aujourd’hui, on invente même des hôtels « à énergie positive » qui s’inscrivent dans une perspective encore plus durable en produisant l’énergie dont ils ont besoin. Ainsi, au Tyrol, des capteurs piègent les rayons du soleil et chauffent la piscine de l’hôtel Grafenast (www.grafenast.at), entièrement bâti en bois de la région. En Carinthie, c’est un autre biohotel, le Gralhof (www.gralhof.at), qui est alimenté en courant vert et se chauffe aux copeaux de bois.
 

L’exemple de Vienne

Autant d’innovations prometteuses, qui gagnent aussi les villes : à Vienne, l’hôtel Stadthalle (www.hotelstadthalle.at), situé à deux pas de la gare de l’Ouest, affiche un bilan énergétique nul grâce aux technologies vertes : panneaux solaires, pompe à chaleur, réservoirs d’eau de pluie... Le cas n’est pas unique : la Ville a appliqué ces mêmes critères écologiques aux logements qu’elle vient de construire dans les 10e (Oberlaaer Strasse), 14e (Rettichgasse) et 22e arrondissements (Kaisermühlenstrasse). La stratégie « paie » : des millions de kW ont déjà été économisés !

 

Par Jean-Philippe Follet, auteur