Grâce à ses fermiers bio, l’Autriche s’est forgée une solide réputation : celle d’être « l’épicerie fine » de l’Europe. Si vous séjournez dans leur région, privilégiez leurs produits : vous contribuerez à limiter la pollution due aux transports et à préserver la diversité des saveurs !
Voici quelques aliments que vous ne trouverez… nulle part ailleurs :
La poire Hirschbirne
La vallée de
Pöllau (Styrie) est connue pour ses vénérables
poiriers – certains ont près de deux cents ans – qui donnent à la mi-octobre une variété particulière de poire : la
Hirschbirne (mot à mot « poire d’automne »). On en fait du
jus de poire, du
poiré, des
gelées, des
eaux-de-vie, du
vinaigre…
www.naturpark-poellauertal.at
La volaille du Sulmtal
Rien à voir avec des poules de batterie élevées en quatre semaines top chrono ! La volaille qui picore librement les grains de vrai maïs et de vrai tournesol dans les fermes du
Sulmtal et du
Saggautal (sud de la Styrie) est robuste et réputée, depuis le XIVe siècle, pour la qualité de sa chair. En vente seulement de la mi-octobre à mars.
www.sulmtaler.at
Le safran de la Wachau
Abandonnée à la fin du XIXe siècle, la culture ancestrale du «
safran autrichien » alias
crocus austriacus connaît aujourd’hui, grâce à Bernhard Kaar, un second souffle : on le cueille autour de
Krems, Stein et Melk (Basse-Autriche) pour parfumer
pralinés,
miel et
marmelades d’abricot (Wachauer Safran Manufaktur, Unterloiben 29, Dürnstein.
www.crocus-austriacus.at
Le seigle du Waldviertel
Dans le
Waldviertel (Basse-Autriche), on cultive encore plusieurs variétés anciennes de céréales. Le
Waldstaudekorn – en français, «
seigle de la Saint-Jean » – est semé… à la Saint-Jean et récolté en grains l’année suivante. On en fait du pain bis mais aussi des pâtes et des gnocchi. Fritz Angelmayer, Zwettler Straße 34, 3580 Horn,
www.lebendigevielfalt.at
Le Sura Kees du Montafon
Mentionné pour la première fois dès 1240, le Sura Kees est un
fromage de lait caillé, à la jolie croûte dorée (
muffa), que six fromagers d’alpage fabriquent encore, sans présure et selon des méthodes très traditionnelles, dans le
Montafon. Veronika & Christian Kartnig, Klusertobel 74a, 6793 Gaschurn, Vorarlberg,
www.bewusstmontafon.at
Le Talggen de Carinthie
Le nom de cette spécialité à base d’avoine ou d’épeautre diffère selon les régions –
Talggen dans le
Nockgebiet, Munggen dans le
Lesachtal… – mais son mode de préparation est partout le même : les grains sont cuits à la vapeur, légèrement torréfiés au four et moulus. Se mange au petit déjeuner ou au dîner (Johanna Sommeregger, St. Peter 19, 9800 Spittal an der Drau).
Les baies du sorbier torminal
Les
Elsbeere ? Dans le
Wiesenwienerwald (Basse-Autriche), on a coutume d’aller les cueillir une par une, perchés sur des échelles, entre la mi-septembre et la fin octobre. Après quoi, on les laisse sécher une semaine et on en fait du
Schnaps. Ou de savoureuses barres céréales, c’est selon ! Norbert Mayer, Mayerhöfen 1, 3074 Michelbach,
www.elsbeerreich.at
Les choux de Fischbach
Deux producteurs de
Fischbach (Styrie) perpétuent la tradition du
Grubenkraut. Ce
chou qui pousse jusqu’à 1.000 m d’altitude et constituait autrefois l’une des bases de l’alimentation paysanne, doit sa texture très tendre à son mode de conservation : quatre mois durant, il reste enfoui sous terre dans une fosse (
Ohla), sur un lit de paille…
www.grubenkraut.at
Par Jean-Philippe Follet, auteur