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Transhumance

Fête de la transhumance
Dans les temps anciens, quand les démons et les mauvais esprits hantaient encore les croyances populaires, cette descente longue de plusieurs kilomètres pour quitter les alpages, qui bénéficiaient d'une protection magique, jusqu'à l'enclos sûr de la ferme passait pour particulièrement dangereux. Afin de tromper les méchants esprits pendant les transhumances d'hiver et d'été, il fallait "déguiser" le bétail en le couvrant de branches vertes et d'autres objets multicolores. Le sens originel de cette démarche s'est perdu au fil du temps, mais la coutume demeure : dans beaucoup de régions autrichiennes, le retour des troupeaux, à l'automne, reste une occasion de fête.
En remerciement du bel été sur l'alpage, lors de la descente, les bêtes sont généreusement décorées de couronnes ou de bouquets. Elles portent sur la tête des pins nains, des branches vertes, de petits arbustes, parfois montés pour former une couronne se terminant par une croix, des rubans et des fleurs de toutes les couleurs, et même des panneaux avec des inscriptions dans certains cas. La meneuse est parée des atours les plus beaux et plus riches. Si la famille propriétaire du bétail a subi un décès ou si un animal a été perdu par accident durant l'été à la montagne, le troupeau se reconnaît à un simple crêpe de deuil ou à l'absence totale d'ornement.
Auprès de votre agence de voyage habituelle vous trouverez des propositions de voyages sur le thème de la transhumance.
Deux des plus impressionnantes fêtes de la transhumance se déroulent tous les ans depuis 4 siècles à Schwarzenberg et à Vent au Tyrol...
Descente de l’alpage et marché paysan à Schwarzenberg - 400 ans de tradition
La descente des alpages du bétail, appelée aussi la "désalpe" ainsi que le marché paysan qui se tient à la suite de l’arrivée du bétail comptent tous les ans parmi les événements les plus importants de la vie paysanne. Tout le monde s’affaire lors de l’approche du jour J.
La descente du bétail dans la vallée ainsi que le marché paysan ont une longue histoire dans la région de la Forêt de Bregenz et plus précisément dans le village de Schwarzenberg. Depuis 400 ans, un grand marché aux bestiaux et aux victuailles y est organisé annuellement, d’abord autour de la St. Laurent (10 août). Puis, on changea de date de la tenue du marché puisque le bétail descendait traditionnellement vers la mi-septembre, quand les températures commencent à baisser. On regroupa donc ces deux événements majeurs et fixa comme date le 16 septembre.
Toute l’Europe paysanne se donna rendez-vous à Schwarzenberg pour marchander. Les agriculteurs locaux, les aubergistes et artisans firent des profits considérables, à raison, puisque leur marchandise fut en effet excellente et valait son prix. Le bétail du Bregenzerwald jouit d’une grande réputation.
Un extrait de la chronique de 1880 montre la grande importance du marché de Schwarzenberg. Ainsi, des milliers de bêtes changeaient de propriétaire : 300 taureaux et boeufs, 1200 vaches laitières, 750 jeunes vaches, 200 veaux et 300 porcs. Les acheteurs venaient pour la plupart des pays voisins, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et bien entendu aussi de tout le Vorarlberg.
Les paysans les plus démunis, qui possédaient seulement une ou deux bêtes, se voyaient autrefois obligés de se séparer de leur bêtes durant l’hiver (puisqu’ils n’avaient pas de fourrage) et de les récupérer à nouveau le printemps venu. Le marché de Schwarzenberg fut également une plaque-tournante pour cette pratique, qui ne cessa que bien tard dans le XXe siècle.
Vers le milieu du XIXe siècle, les premières coopératives firent crées dans la région, on s’efforça et on réussit à développer une race bovine locale, des brunes. Les bêtes furent bientôt vendues non seulement vers les pays limitrophes (Suisse, Italie, Allemagne) mais également dans les autres contrées de la monarchie austro-hongroise, en Bohème, en Galicie, en Hongrie etc. Ainsi, les comtes de Liechtenstein et de Windischgrätz furent des clients fidèles du marché de Schwarzenberg.
Peu à peu, le marché aux bestiaux a perdu de l’importance, étant donné la plus grande mobilité des acheteurs susceptibles. Les bêtes sont déjà examinés en haut des montagnes et vendus par la suite aux ventes aux enchères dans la ville de Dornbirn.
Ce qui est resté, c’est le grand jour, lorsque les troupeaux descendent de la montagne ; c’est un jour de fête, puisque aussi bien les animaux que les hommes (les vachers) étaient en quelque sorte exilés en haut de la montagne durant tout l’été, depuis la mi-juin à la mi-septembre. S’il n’y a pas eu d’accident durant toute l’estive (des vaches qui chutent ou qui sont touchées par la foudre), tout le cheptel est décoré lors de la descente dans la vallée (en cas d’accident, il n’y a pas de décoration, hommes et bêtes sont en quelque sorte en deuil).
Les décorations, préparées par les paysannes durant des semaines, comportent des fleurs en papier, des rubans et des branchages de sapin. Elles confectionnent des "coiffes" pour les vaches. Quelques vaches sont également décorées par de très belles cloches historiques, plus lourdes et plus grosses que celles qu’elles portent d’habitude. Ces cloches sont fixées à de larges bandeaux en cuir, richement brodés.
La descente dans la vallée dure souvent de nombreuses heures (jusqu’à 10 heures) et le flux des bêtes à travers le village est ininterrompue pendant 3 à 4 heures. Les vachers sont non seulement contents de rentrer au bout de 3 mois dans la solitude, mais aussi fiers de ne pas avoir perdus de bête. Ils connaissent chacune des vaches et sont capables de les distinguer et de rendre à chaque propriétaire les animaux qui sont les siens (2 à 3 vachers gardent quelquefois jusqu’à 300 bêtes !).
Le lendemain se tient, comme toujours, le marché. Aujourd’hui, on compte quelque 70 stands repartis dans tout le village de Schwarzenberg. On y trouve toutes sortes de bons fromages (un concours du meilleur fromage de montagne a lieu tous les ans) ainsi que d’autres produits agricoles.
Le marché est aujourd’hui encore un lieu de rencontre, de convivialité (il y a de la musique, de la danse) et de fête.
La transhumance des moutons entre le Tyrol autrichien et le Haut Adige italien
Une tradition vieille de plus de cinq cents ans est toujours en vigueur aujourd’hui. Autrefois, l’élevage des moutons revêtait une importance majeure dans la région d’Ötz et Schnals des deux côtés du glacier du Niederjoch (Tyrol). Cependant, côté sud, les alpages verdoyants sont rares et l’herbe ne suffit pas à nourrir quelques deux à trois mille moutons. Au cours des siècles, leurs propriétaires ont donc pris l’habitude de conduire leurs bêtes par des chemins escarpés à 3000 m d’altitude jusqu’aux alpages de la vallée d’Ötz pour les faire paître durant les mois d’été. En septembre, ils empruntaient ces chemins en sens inverse. En 1415, les paysans de Vent et de Schnals conclurent un accord pour réglementer cette pratique.
En 1919, à la fin de la Première Guerre Mondiale, la nouvelle frontière entre l’Autriche et l’Italie coupa en deux les passages centenaires. Néanmoins, les bergers purent continuer à faire la transhumance des moutons en obtenant l’autorisation de la gendarmerie des deux pays et en effectuant des contrôles vétérinaires. Avec l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne en 1995, ces autorisations, jusqu’alors obligatoires, sont devenues à nouveau obsolètes.
L’événement, lui, resta inchangé et spectaculaire. Tous les ans, vers la mi-juin, la caravane se met en route côté italien. A l’aube, deux à trois mille moutons, accompagnés par quelques vingt bergers et leurs chiens, entament une marche exténuante qui les conduit à travers des champs de neige, des cols et des passages quasi impraticables jusqu’aux alpages de la vallée de Ötz, côté autrichien. Les tempêtes de neige, le brouillard, les avalanches et les chutes de pierres rendent cette ascension qui dure environ douze heures, extrêmement périlleuse. C’est pourquoi, une messe est lue avant chaque ascension dans l’église de Notre Dame à Schnals, pour le salut des hommes et des bêtes.
Vers la mi-septembre, le spectacle se déroule à nouveau, maintenant en sens inverse. Rassemblés en contrebas du refuge Martin Busch, les milliers de moutons retournent en Italie, en passant par le refuge de Similaun (3019 m). Leur arrivée dans la vallée est le coup d’envoi d’une fête, lors de laquelle on départage à nouveau les bêtes entre les 21 propriétaires.
En remerciement du bel été sur l'alpage, lors de la descente, les bêtes sont généreusement décorées de couronnes ou de bouquets. Elles portent sur la tête des pins nains, des branches vertes, de petits arbustes, parfois montés pour former une couronne se terminant par une croix, des rubans et des fleurs de toutes les couleurs, et même des panneaux avec des inscriptions dans certains cas. La meneuse est parée des atours les plus beaux et plus riches. Si la famille propriétaire du bétail a subi un décès ou si un animal a été perdu par accident durant l'été à la montagne, le troupeau se reconnaît à un simple crêpe de deuil ou à l'absence totale d'ornement.
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Deux des plus impressionnantes fêtes de la transhumance se déroulent tous les ans depuis 4 siècles à Schwarzenberg et à Vent au Tyrol...
Descente de l’alpage et marché paysan à Schwarzenberg - 400 ans de tradition
La descente des alpages du bétail, appelée aussi la "désalpe" ainsi que le marché paysan qui se tient à la suite de l’arrivée du bétail comptent tous les ans parmi les événements les plus importants de la vie paysanne. Tout le monde s’affaire lors de l’approche du jour J.
La descente du bétail dans la vallée ainsi que le marché paysan ont une longue histoire dans la région de la Forêt de Bregenz et plus précisément dans le village de Schwarzenberg. Depuis 400 ans, un grand marché aux bestiaux et aux victuailles y est organisé annuellement, d’abord autour de la St. Laurent (10 août). Puis, on changea de date de la tenue du marché puisque le bétail descendait traditionnellement vers la mi-septembre, quand les températures commencent à baisser. On regroupa donc ces deux événements majeurs et fixa comme date le 16 septembre.
Toute l’Europe paysanne se donna rendez-vous à Schwarzenberg pour marchander. Les agriculteurs locaux, les aubergistes et artisans firent des profits considérables, à raison, puisque leur marchandise fut en effet excellente et valait son prix. Le bétail du Bregenzerwald jouit d’une grande réputation.
Un extrait de la chronique de 1880 montre la grande importance du marché de Schwarzenberg. Ainsi, des milliers de bêtes changeaient de propriétaire : 300 taureaux et boeufs, 1200 vaches laitières, 750 jeunes vaches, 200 veaux et 300 porcs. Les acheteurs venaient pour la plupart des pays voisins, la Suisse, l’Allemagne, l’Italie et bien entendu aussi de tout le Vorarlberg.
Les paysans les plus démunis, qui possédaient seulement une ou deux bêtes, se voyaient autrefois obligés de se séparer de leur bêtes durant l’hiver (puisqu’ils n’avaient pas de fourrage) et de les récupérer à nouveau le printemps venu. Le marché de Schwarzenberg fut également une plaque-tournante pour cette pratique, qui ne cessa que bien tard dans le XXe siècle.
Vers le milieu du XIXe siècle, les premières coopératives firent crées dans la région, on s’efforça et on réussit à développer une race bovine locale, des brunes. Les bêtes furent bientôt vendues non seulement vers les pays limitrophes (Suisse, Italie, Allemagne) mais également dans les autres contrées de la monarchie austro-hongroise, en Bohème, en Galicie, en Hongrie etc. Ainsi, les comtes de Liechtenstein et de Windischgrätz furent des clients fidèles du marché de Schwarzenberg.
Peu à peu, le marché aux bestiaux a perdu de l’importance, étant donné la plus grande mobilité des acheteurs susceptibles. Les bêtes sont déjà examinés en haut des montagnes et vendus par la suite aux ventes aux enchères dans la ville de Dornbirn.
Ce qui est resté, c’est le grand jour, lorsque les troupeaux descendent de la montagne ; c’est un jour de fête, puisque aussi bien les animaux que les hommes (les vachers) étaient en quelque sorte exilés en haut de la montagne durant tout l’été, depuis la mi-juin à la mi-septembre. S’il n’y a pas eu d’accident durant toute l’estive (des vaches qui chutent ou qui sont touchées par la foudre), tout le cheptel est décoré lors de la descente dans la vallée (en cas d’accident, il n’y a pas de décoration, hommes et bêtes sont en quelque sorte en deuil).
Les décorations, préparées par les paysannes durant des semaines, comportent des fleurs en papier, des rubans et des branchages de sapin. Elles confectionnent des "coiffes" pour les vaches. Quelques vaches sont également décorées par de très belles cloches historiques, plus lourdes et plus grosses que celles qu’elles portent d’habitude. Ces cloches sont fixées à de larges bandeaux en cuir, richement brodés.
La descente dans la vallée dure souvent de nombreuses heures (jusqu’à 10 heures) et le flux des bêtes à travers le village est ininterrompue pendant 3 à 4 heures. Les vachers sont non seulement contents de rentrer au bout de 3 mois dans la solitude, mais aussi fiers de ne pas avoir perdus de bête. Ils connaissent chacune des vaches et sont capables de les distinguer et de rendre à chaque propriétaire les animaux qui sont les siens (2 à 3 vachers gardent quelquefois jusqu’à 300 bêtes !).
Le lendemain se tient, comme toujours, le marché. Aujourd’hui, on compte quelque 70 stands repartis dans tout le village de Schwarzenberg. On y trouve toutes sortes de bons fromages (un concours du meilleur fromage de montagne a lieu tous les ans) ainsi que d’autres produits agricoles.
Le marché est aujourd’hui encore un lieu de rencontre, de convivialité (il y a de la musique, de la danse) et de fête.
La transhumance des moutons entre le Tyrol autrichien et le Haut Adige italien
Une tradition vieille de plus de cinq cents ans est toujours en vigueur aujourd’hui. Autrefois, l’élevage des moutons revêtait une importance majeure dans la région d’Ötz et Schnals des deux côtés du glacier du Niederjoch (Tyrol). Cependant, côté sud, les alpages verdoyants sont rares et l’herbe ne suffit pas à nourrir quelques deux à trois mille moutons. Au cours des siècles, leurs propriétaires ont donc pris l’habitude de conduire leurs bêtes par des chemins escarpés à 3000 m d’altitude jusqu’aux alpages de la vallée d’Ötz pour les faire paître durant les mois d’été. En septembre, ils empruntaient ces chemins en sens inverse. En 1415, les paysans de Vent et de Schnals conclurent un accord pour réglementer cette pratique.
En 1919, à la fin de la Première Guerre Mondiale, la nouvelle frontière entre l’Autriche et l’Italie coupa en deux les passages centenaires. Néanmoins, les bergers purent continuer à faire la transhumance des moutons en obtenant l’autorisation de la gendarmerie des deux pays et en effectuant des contrôles vétérinaires. Avec l’adhésion de l’Autriche à l’Union européenne en 1995, ces autorisations, jusqu’alors obligatoires, sont devenues à nouveau obsolètes.
L’événement, lui, resta inchangé et spectaculaire. Tous les ans, vers la mi-juin, la caravane se met en route côté italien. A l’aube, deux à trois mille moutons, accompagnés par quelques vingt bergers et leurs chiens, entament une marche exténuante qui les conduit à travers des champs de neige, des cols et des passages quasi impraticables jusqu’aux alpages de la vallée de Ötz, côté autrichien. Les tempêtes de neige, le brouillard, les avalanches et les chutes de pierres rendent cette ascension qui dure environ douze heures, extrêmement périlleuse. C’est pourquoi, une messe est lue avant chaque ascension dans l’église de Notre Dame à Schnals, pour le salut des hommes et des bêtes.
Vers la mi-septembre, le spectacle se déroule à nouveau, maintenant en sens inverse. Rassemblés en contrebas du refuge Martin Busch, les milliers de moutons retournent en Italie, en passant par le refuge de Similaun (3019 m). Leur arrivée dans la vallée est le coup d’envoi d’une fête, lors de laquelle on départage à nouveau les bêtes entre les 21 propriétaires.
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